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C'est enfin à moi. Je suis comme un papillon qui s'envole pour la première fois, les ailes encore froissées. Incertain, jeune, plein d'éclats. Sa vie n'est qu'éphémère et il faut qu'il en profite. Je croque cet instant à pleine dents, avide de beauté et de magie et remplis mon c½ur de ces moments uniques. Les lumières m'éblouissent, le rideau se lève, enfin, ça y est, je déploie mes ailes, respire un bon coup, retiens mon souffle et m'élance dans l'inconnu.
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Je me surprends autant que je m'amuse. Les mots coulent d'entre mes lèvres, pressés de montrer leur beauté aux spectateurs admiratifs. J'aimerais avoir des dizaines de bouches, m'exprimer d'avantage, plus vite. Je veux vivre à une allure folle, parler sans respirer.
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Je ne discerne rien. Mon monde fantastique s'étend bien au-delà de mes espérances, tous semblent sous le charme. Je soupire, souris de fierté.
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Le monde m'appartient, il ne tient qu'à moi pour que tout s'arrête. Je me tais, les spectateurs semblent suspendus à mes lèvres, je ris intérieurement, et reprend une bouchée d'air avant de m'élancer encore une fois, plus vite, plus loin, comme mon papillon. Je me fie à mon instinct. Vole, cours, marche. Arrête-toi ! Mon bras se lève, ma jambe frétille, mes lèvres s'étirent de plaisir.
Je suis si bien, dans mon élément.
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Mes yeux clignotent et s'illuminent. Ha, mais quel spectacle ! Chaque seconde est unique, apportant son lot de nouveautés à ce moment magique, apportant son grain de sel pour qu'il reste à jamais gravé dans nos mémoires.
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Mes paroles se regardent, se croisent, font marche arrière. Elles sourient au public, s'entrechoquent avant de disparaître. Plusieurs possibilités s'offrent à moi, j'hésite, en choisis une. Mais les paroles suivantes ne cessent de reprendre cette place inoccupée depuis trop longtemps déjà.
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Je ris, bouge, mets la scène en mouvement, mais elle m'empêche de grandir et d'explorer. Stop. Je m'arrête. Peut-être en ai-je fait de trop ? Mon papillon semble revenir à la réalité. Serait-il mort ? Non. Simplement, il s'est posé. Il a repris son souffle, réalise enfin les cabrioles qu'il vient d'accomplir.
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Non. On ne prend pas le temps de s'arrêter. Il court, il vole. Vite. Il est encore temps de repartir. Déployer ses ailes, encore une fois. Profiter de l'instant présent. Non je ne rêve pas. J'imagine, je crée, je surprends, Le réel est exploré ? Passons à l'imaginaire. Inventons, voyageons. Je ne cesse de bouger, j'ai chaud, mais ne m'arrête pas.
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Ce n'est pas le moment de se voiler la face. L'excitation monte, le public tremble, écoute, attentif. Je ne cesse de parler, de crier, de murmurer, de vivre, ou de vieillir, d'exister, de rêver.
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Mais le rideau s'abaisse, comme la nuit tombe aussi brusquement que le jour s'est levé. L'euphorie tombe platement sur le sol. Le papillon s'est endormi. La nuit risque d'être longue. Je repense à mes envolées, mes dérapages. Se sont-ils faits remarqués ? Mes nouvelles escapades et les figures que je n'avais encore jamais tentées.
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Le papillon s'endort, heureux. Il voudrait déjà être demain. Retenter l'inconnu comme une première fois. Ignorer la peur et le danger pour ne ressentir que la liberté et le bonheur.
Le bonheur : je ne le regarde plus, je le vis.
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J'oublie tout, il ne reste que l'instant présent. Pas besoin de dormir pour ne plus penser : j'imagine un autre monde, une autre réalité. Je suis la gardienne d'un grand secret, d'un trésor, dont la clé en est mon imagination. Le monde m'oppresse alors je m'évade, je fuis d'une certaine façon. Mais c'est pendant ces minutes sensationnelles que je vis, enfin.
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Quels instants, quelle liberté ! Et dire que tout ça m'appartient. Je ne voudrais rater ça pour rien au monde. Comment ai-je fait pour vivre de si nombreuses années sans connaître tout ce que je vis maintenant ? Cet enivrant plaisir que de monter sur scène, sentir les regards braqués sur toi. La peur qui monte, le mal de ventre, les sourires, les rires...
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Je m'envole, je surplombe la planète et ses problèmes, je fais le tri et ne garde que le bonheur. Il est là, à portée de main. Insaisissable et pourtant si proche. Je lui cours après, l'attrape, le laisse glisser de mes mains tendues pour le reprendre une prochaine fois.
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Comme le papillon, je ne vis que pour le présent. Adieu réalité, futur, problèmes, conflits... Je profite, je m'émerveille, je sens l'odeur du bien-être à pleins poumons.
Je ne suis plus moi, je suis un papillon.
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Alors ? Qu'en pensez vous ? Est-ce que cet Écrit vous plait ?
Ce texte parle de ma passion pour le théâtre. Je pense que vous l'aviez compris. Non ? ;-)